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Au suivant ?

Cela fait toujours chic de parler de la Belgique en titrant sa chronique du même nom qu’une chanson de Jacques Brel. Et pour cause :

Yves Leterme, désigné par son altesse royale Albert II dans le rôle de formateur, devait en avoir assez de tourner en rond avec les pourparlers sur le ring des négociations puisqu’il jette l’éponge. Malgré une voie toute tracée pour le poste de premier ministre, et une absence totale d’excès de vitesse dans la formation qui aurait même effrayé un Helvète du Vaudois, Leterme semble caler, et s’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence. Bref, c’est la crise, de fou rire bien sûr mais peut-être pas en Belgique où l’on doit plutôt rire jaune ; un paradoxe pour ce pays que je m’échine à  qualifier de débridé.

Vous l’aurez remarqué, l’humble pingouin que je suis, devait être très optimiste ces derniers jours en imaginant qu’il faudrait moins de quatre semaines aux Belges pour éviter qu’ils ne connaissent une période de cent jours sans nouveau gouvernement depuis leurs dernières élections. Mais persistons dans l’optimisme, allons de l’avant ! Et que les dirigeants belges ignorent ceux qui pensent que les jours de la Belgique sont comptés. Car ces gens-là  se trompent : si la Belgique était comté, il n’y aurait point de roi, mais un comptable à  la tête de l’Etat et l’on ne ferait pas tout un fromage à  cause d’une franche de la population qui entend suivre sa propre voix. Mais ces derniers se trompent à  l’unisson, depuis le temps tout le monde connait la chanson et son refrain :

« A Valse-Duchesse on a mis le temps, pour une valse à  mille temps, mais je doute que l’on patiente encore vingt ans pour que l’on ait un nouveau gouvernement, une valse à  mille temps, une valse à  mille temps, une valse à  mille temps …« .

Je vous rassure, mon disque n’est pas rayé sinon je ne parlerai pas des mollusques de la coalition orange bleue 1 mais de la verte zébrée. Alors que les séparatistes se séparent, il vaut mieux les prévenir que cela ne règlera en rien à  leurs problèmes de voisinage, puisqu’ils continueront d’avoir les mêmes voisins, à  moins qu’ils accentuent de manière conséquente la dérive des continents. Mais ce ne sont après tout que les vues d’un pingouin ordinaire. D’ailleurs, ce n’est pas le propre du pingouin que de réfléchir, c’est celui du miroir et de l’homo sapiens, dont parfois je me demande qui des deux est le plus apte.

Cela dit, ce n’est pas pour jaboter, mais maintenant que Leterme a rendu son tablier, j’en connais un qui va devoir de nouveau mettre la main à  la pâte. Et comme je le disais précédemment, ça ne va pas être de la tarte. D’où la question que tout les journalistes ont sur le bout des lèvres : qui sera le prochain formateur ?

Poussons même le bouchon un peu plus loin (oui plus loin que Liège), osons nous demander si le roi désignera une formatrice. Mieux encore, Albert aussi émotif qu’il est pourrait bien dire à  Yves « Ne me quitte pas » et choisir à  nouveau l’ancien formateur, ce qui peut-être ferait de lui un re-formateur, non ? Qui sait si dans ce nouveau rôle il ne lui serait pas plus commode d’entamer des réformes ? Peut-être même que la prochaine fois que nous l’entendrons brabançonner 2 , il osera quelque chose de plus consensuel comme : « Wallons Flamands de la patrieuh, vot’ gouvernement est arrivééé. » . On peut toujours rêver, non ?

Et si ce n’est lui, alors qu’on se le dise : « Au suivant !« .

  1. Coalition de centre droit qui rassemble les démocrates-chrétiens et libéraux, tant francophones que néerlandophones. []
  2. Brabançonne : hymne national de la Belgique. []

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