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Pas d’alibi pour Kadhafi ?

 

Ha la Libye, qui fait trop souvent défaut aux gardés à  vue après un flagrant délit. Hélas, ici ce n’est pas le desprogien tribunal des flagrants délires. On a bien vu qu’il n’y avait pas de quoi rire pour peu qu’on soit Bulgare et infirmière en Libye. Et il n’y a pas de quoi non plus avoir la séro-positive attitude lorsque l’on est un enfant à  qui l’on a inoculé le virus du sida.

Regardons plutôt ce qu’a fait Mouammar Kadhafi : faire accuser des étrangers alors que le système de santé était défaillant. Si en France un imbécile le faisait, cela aurait donné quelque chose comme accuser du personnel médical étranger pendant l’affaire du sang contaminé, ou en plus édulcoré mais néanmoins aussi grave : faire porter la responsabilité du trou de la sécu1 sur les étrangers.

Vous comprendrez donc que nous avions affaire à  un « C’est pas moi, c’est les étrangers les coupables ! ». A ceux qui auraient la mémoire trop courte, quand on désigne exprès une population responsable de tous les maux d’une nation, cela s’appelle de la discrimination, voire du racisme.

Peu importe l’incident est clos et nos relations hexagono-euro-lybiennes sont au beau fixe. Le compteur geiger oscille dans le bon sens, Areva aura l’uranium libyen. Les uns se partageront le pétrole et le gaz et les autres construiront les infrastructures.

Les Libyens jouent du porte-monnaie pour ne plus être en porte-à -faux, car il est vrai que la monnaie ça rapporte et ça évite de se poutrer sur les planches de la scène internationale. Hé oui, du vrai théâtre de boulevard, car le colonel Kadhafi obtient la monnaie de la sinistre tragédie en pièces détachées : «Un Boeing explosif à  Lockerbie», puisque le montant versé aux victimes inoculées est rigoureusement le même que celui que la Libye a versé aux familles des victimes de Lockerbie.

Peu importe, ça ne déplaira pas à  Airbus qui lui a fourgué six A-350. Et puis pas de quoi en faire un plat, c’est le Qatar qui a payé la note des infirmières et à  qui l’on a refourgué aussi huitante A-350. Le fait que l’Union européenne se soit intéressée au sort des Bulgares alors que la Bulgarie n’était pas encore admise comme pays membre, nous indique avec quel sens du théâtre nos diplomates ont su jouer. Autant de pièces à  conviction que vous n’aurez pas manqué de relever je suis sûr. Et si je vous dis tout ça, ce n’est pas pour jaboter mais juste pour vous rappeler que les droits de l’Homme s’effacent devant la realpolitik.

  1. lire « système de sécurité sociale ». []

6 Réponses pour Pas d’alibi pour Kadhafi ?

  1. ernestine

    Le blog http://www.thedino.org est le seul capable de vous révéler aujourd’hui le lien secret incroyable entre l’affaire Clearstream, le maillot jaune de Rasmussen et les infirmières bulgares de Tripoli.
    Deux articles datés du 27 et du 28, et intitulés « SAC DE NOEUDS ».
    Bisous

    Le site mentionné n’existe plus.

  2. marie

    Quelle honte pour nous, le pays des droits de l’homme, de recevoir sur notre sol républicain un homme dont le parcours est jonché d’événements tous plus immondes les uns que les autres
    http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=624&Itemid=60

  3. marc porta

    En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait d’un article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :

    Modification du Bureau Pingouinier de la Censure : Plutôt que de citer l’article en commentaire, voici un lien vers celui-ci.

  4. marc

    Et en voici un autre, un peu plus long, écrit par Joseph Hanimann pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung : « Kadhafi scelle la fin des intellectuels »

    Modification du Bureau Pingouinier de la Censure : Plutôt que de citer l’article en commentaire, voici un lien vers celui-ci.

  5. marc

    Enfin, un petit dernier pour finir, écrit de la plume d’Amine Lotfi, pour le quotidien algérois El-Watan : « Tout près du chéquier libyen »

    Modification du Bureau Pingouinier de la Censure : Plutôt que de citer l’article en commentaire, voici un lien vers celui-ci.

  6. Monsieur Pingouin

    Cher Marc,
    merci pour vos citations du Courrier International, mais il ne me semble pas avoir l’autorisation de les reproduire, ici.
    Ceci dit, plutôt que de les recopier d’un blog à  un autre, pourquoi est-ce que vous ne nous feriez pas part de votre propre avis ?
    Je suis certain, que fort de toutes ces lectures, vous auriez de quoi produire quelque chose de moins impersonnel.